NOS DECHETS VALENT DE L’OR
Deux membres du collectif Eco citoyen ont été conviés à visiter le 23 Juin dernier le Centre de traitement et de valorisation des déchets (incinération et tri) de Vedène, dans le cadre de la campagne municipale « Développement Durable ».
Voici en quelques lignes les informations puis enseignements que je livre ici en partage :
NOVERGIE, filiale de SUEZ environnement dispose d’une Délégation de Service Public pour la valorisation des déchets du Pays d’Avignon.
Deux modes de traitement opèrent dans ce centre :
Incinération des ordures ménagères (bacs gris) : 200.000 tonnes par an
Valorisation des déchets recyclables (bacs jaunes) : 10.000 tonnes par an.
Ces tonnages concernent 8 communes du Syndicat Mixte pour la Valorisation des Déchets du Pays d’Avignon.
La part du SMICTOM de Villeneuve s’élève à
Incinération : 7500 tonnes
Valorisation : 1500 tonnes triées
Soit 6% du total environ.
Sur les 1500 tonnes triées par les Villeneuvois, près de 40% sont refusées (mal triées) ce qui représente un surcoût de près de 120.000 € de la Taxe Ordures Ménagères.
Bien que les opérations soient en majorité automatisées, une vingtaine de salariés hormis l’encadrement technique…et commercial travaillent au tri, dans une odeur nauséabonde qu’on finit par oublier après quelques heures !
Pour ce qui concerne l’incinération :
1 tonne de déchets incinérés produit 3m3 de machefers revendus en sous couche voierie et de la vapeur qui permet grâce à un turbo alternateur, de produire (7 MgW d’électricité par turbine, dont deux sont utilisés en interne et 5MgW revendus à EDF). Les chiffres sont faramineux (températures à 1200°, vapeurs à 300°, tonnages effrayants) et les salles de commandes et de contrôles équipées en conséquence. Un joint défaillant et c’est la catastrophe !
Les Résidus d’Incinération (REFIOM), après captage des métaux lourds (arsenic, mercure, plomb, chrome…), puis des (gaz acides, chlore, oxydes de soufre et volatiles), sont des carbonates de sodium (qui retournent aux cycles de fabrication des détergents et du verre), les derniers résidus, mélangés à du ciment pour les stabiliser, sont enfouis .
Pour ce qui concerne le tri :
Deux problèmes majeurs : les refus (erreurs de tri) et depuis peu, la crise économique et ses répercussions majeures sur l’industrie automobile – principal acheteur des plastiques et métaux recyclés, puis la chute des cours de ventes de ces matières premières, sans compter la charge de main d’œuvre sur les chaînes de tri.
Si le traitement des déchets (particuliers, industries, déchets à risque infectieux) représente un coût énorme pour l’usager, fashion-victime du sur-emballage , sans compter les dommages collatéraux sur l’environnement (pollutions, déforestation, réchauffement climatique, transports….)., une fois valorisés, et remis dans le circuit ou transformés en nouveaux produits d’un « simple geste », nos ordures produisent de la croissance, du PIB, et une rentabilité optimale pour l’actionnaire, (Suez = 6milliards distribués en 2007. Le principe s’applique d’ailleurs à tout traitement, épuration ou dépollution (air, eau, sites industriels, sols, etc …).
Pour faire plus de croissance, polluons plus !
Le citoyen est certes un maillon dans cette chaîne, au niveau de l’acte de tri (niveau souvent mis en avant dans le discours ambiant), il peut l’être également et de manière essentielle dans son geste de consommation, sa capacité à éviter le gâchis dont la responsabilité revient aux industriels et autres médiateurs qui en font la promotion. (niveau souvent absent dans le lavage de cerveaux contemporain).
C’est une visite qui éclaire notre grille de lecture du système hyper-productif aberrant dont on connaît maintenant les conséquences. Les montagnes d’ordures mobilisent les énergies écologistes. Je vous la conseille vivement. Nous tâcherons de vous la proposer dans le courant du mois d’octobre 2009.
A bon entendeur, SALUT !